44 jours au printemps

En 2020, au sortir de deux mois de confinement mondial, alors que les autorités publiques ont considéré que nous étions en guerre, nous avons vécu une immense émotion collective, ponctuée chaque jour par le décompte des morts.

La sortie du confinement a eu lieu en France après le week-end du 10 mai 2020.

Suite au 10 mai 1940, date de l’entrée des troupes allemandes sur le territoire, 90 000 soldats français sont morts, 2 millions ont été emprisonnés et 10 millions de civils ont été déplacées durant les six semaines de combats. Le taux de mortalité au combat fut plus élevé que lors de la bataille de Verdun. Cette terrible défaite a conduit à l’arrivée d’un pouvoir autoritaire soumis au nazisme. Cela reste un traumatisme national.

Cet autre traumatisme, vécu en 2020, m’a encouragé à réaliser jour par jour, 80 ans après les faits, 57 aquarelles qui représentent les 44 jours des combats de la bataille de France, de l’invasion des Ardennes à la signature de l’Armistice le 22 juin 1940.

L’aquarelle, cette technique en tous points opposée aux outils de la guerre, me permet de regarder nos traumatismes, éclairé par le sentiment d’inquiétude que nous portons désormais ensemble.

Les titres des aquarelles sont extraits des sources suivantes :
Jean Louis Crémieux-Brilhac, Les Français de l’an 40, Gallimard.
• Karl-Heinz Friezer, le mythe de la guerre éclair, Belin.
• Marc Bloch, l’étrange défaite, Folio.
• Marguerite Bloch, Sur les routes avec le peuple de France, Edition Claire Paulhan.
• Maurice Vaisse, Mai-juin 1940, défaite Française, victoire Allemande sous l’œil des historien étrangers, Autrement.
• Herbert R.Lottman, La chute de Paris, La Fabrique édition.
• Maurice Garçon, Journal 1939-1945, Fayard.
• Jean-Pierre Azéma, 1940, l’année noire, Fayard.
• Christophe Dutrône, Ils se sont Battus, mai-juin 1940, Toucan.
• Alister Horne, Comment perdre une bataille. Texto.

Merci à Christian Ingrao, ainsi qu’à Henri Rousso pour l’éclairage historiographique.